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Question à M. Mourad Allal, directeur du POLE – Formation 1/ L’année 2017 vient de se terminer. Quel bilan rapide en tirez-vous ? Comme pour...
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1/ M. Mourad Allal nous a dit lors d’un entretien que nous avons eu récemment avec lui que l’histoire du POLE n’a pas été un long fleuve tranquille. Pouvez-vous en tant que président nous détailler un peu plus cette histoire ?

Cette histoire est à la fois celle de l’évolution des politiques publiques dans le domaine de la formation linguistique avec une volonté forte du FASILD , De l’ANPE, de la DDTE du 93 et du Conseil Régional et celle des principaux acteurs historiques de l’alphabétisation en Seine Saint Denis (AEFTI 93. GEFORME, AFTAM et FIDE qui réalisaient à eux 4 80% des formations linguistiques en Seine Saint Denis ) qui vont dans le cadre d’une étroite collaboration avec les financeurs publics et dans un souci principalement de clarification des rôles et missions de chacun, après une longue période de réflexion, de concertation et d’élaboration du prujet associatif, œuvrer ensemble à ce qui était la priorité de l’époque qui a conduit à la création du Pôle : l’externalisation du diagnostic et sa centralisation au niveau du département par la création par ces 4 organismes du Pole d’Orientation du 93 qui s’installa à la Courneuve et qui va préfigurer la création de l’association le Pôle sous l’impulsion de la Région Ile de France qui mettait en place vers la fin des années 90 les Plates forme linguistiques jeunes dont la première va être portée par FIDE qui confia les missions de diagnostic au Pôle. Les 4 organismes vont jouer un rôle important dans la création, l’animation et la consolidation des activités du Pôle et dans son organisation. En raison de son statut, le Geforme ne pouvait pas faire partie statutairement de l’association ainsi que l’AFTAM qui a participé à la dynamique mais ne voulait pas s’engager concrètement dans le soutien à une structure en création. Cette belle histoire n’aurait pas pu exister sans la forte implication d’acteurs professionnels engagés qui ont mis à la disposition du projet leurs réseaux, leurs ingénieries, leurs outils et mobilisé des formateurs professionnels reconnus par toutes les structures de formation linguistiques du 93 et par les institutions et financeurs. La suite de l’histoire est faite de diversification des actions, de consolidation du projet associatif et de la mise en oeuve de ce que nous avons défendu depuis le lancement du projet : sépârer l’ accueil/Diagnostic et évaluation-certification de l’acte de formation pour éviter l’auto-alimentation et les parcours reconduits à l’infini, imaginer des parcours cohérents et avoir une vision globale de la formation linguistique sur le département. Khaled Abichou, premier Président du Pôle va impulser et accompagner la démarche de structuration et d’autonomisation du PÖLE qui participa activement à la réalisation des diagnostics territoriaux dont celui de Plaine Commune qui lui confia la mission d’Observatoire (analyse des publics, de l’offre de formation et des dispositifs ) Ceci a été possible grâce à l’accompagnement et à l’implication forte des acteurs associatifs et des financeurs.

2/ Y a-t-i eu des moments importants dans cette longue histoire du POLE dont vous gardez souvenir ?

L’histoire du POLE est une aventure humaine, associative et d’implication forte de professionnels de la formation linguistique qui considéraient que la formation des publics doit être assurée par des professionnels maitrisant les référentiels, les outils et assurant une veille qualitative en lien avec les commanditaires.
Je garde le souvenir d’hommes et de femmes volontaires et de structures associatives qui ont porté comme un bébé ce projet associatif qui rencontré beaucoup d’hostilité et ce par le soutien, logistique, pédagogique, humain et financier. Je garde le souvenir de formatrices et de formateurs qui ont connu, grâce à cette expérience, des parcours professionnels réussis. Enfin, je garde le souvenir de l’action bénévole sans laquelle notre projet associatif n’aurait pu exister et se maintenir et évoluer. Enfin une pensée pour les décideurs de l’époque sans lesquels cette aventure n’aurait pu exister.

3/ Vous avez pour votre part une longue expérience et une pratique dans le domaine de la formation depuis les années 70/80, avec entre autre le CLAP … Quelle évolution majeure y voyez-vous ?

Ce que nous avons injecté, avec d’autres, dans le POLE c’est l’esprit CLAP qui consistait à donner une importance absolue à la formation de formateurs, à la pédagogie, à la création d’outils et aux expérimentations avec un engagement fort auprès des migrants et de leurs droits à la formation. C’est cet esprit là qui irrigue aujourd’hui les dynamiques collectives des groupements linguistiques et des actions territoriales dont nous sommes un acteur important et particulier. Ce qui fait la caractéristique du Pôle c’est aussi cette idée que nous défendons le droit des publics à des formations de qualité, à des espaces de formations adaptés et notre démarche d’anticipation pour la mobilisation de ressources nouvelles (numérique, articulation avec les suites de parcours, formation de formateurs …)

4/ Pour revenir un peu à l'actualité, diriez-vous que les dispositifs annoncés sur la formation sont positifs concernant les publics défavorisés et plus particulièrement les migrants primo arrivants ?

Si l’objectif de professionnalisation des acteurs reste prioritaire, la formation linguistique connait sans cesse des évolutions, elle s’inscrit dans des dispositifs qui s’articulent de plus en plus mais comme le montrent les orientations du gouvernement dans ce domaine, la durée des formations reste à revoir, l’articulation entre le linguistique et le professionnel doit être renforcée pour que les publics primo-arrivants accèdent à des suites de parcours, à la qualification, à l’entreprise par une socialisation professionnelle et à l’emploi qui constitue un véritable vecteur d’intégration sociale et professionnelle durable dans la Cité.

(entretien réalisé par Mohsen Dridi de Com'migrants)